À 492 mètres d'altitude, posé dans un creux glaciaire entre collines et petites montagnes, le lac de Paladru couvre 3,9 km² sur un peu plus de cinq kilomètres de long. Sa couleur, ce bleu-vert laiteux qui lui vaut son surnom, vient des particules calcaires en suspension : selon la lumière et la saison, il vire au turquoise franc en été et à l'ardoise en hiver. Quatre communes se partagent ses rives — Charavines, Villages du Lac de Paladru, Le Pin et Montferrat — et chacune a son caractère, plage familiale au sud, roselières et pontons discrets au nord.
Sa particularité administrative surprend toujours les visiteurs : le lac est une propriété privée. La Société du lac de Paladru, société civile fondée en 1874 et détenue par une vingtaine de copropriétaires, en assure la gestion et fixe le règlement — usage des bateaux à moteur, zones de navigation, points de baignade autorisés. C'est la raison pour laquelle les accès libres à l'eau restent peu nombreux : l'un des plus fréquentés se trouve à Charavines, sur la rive sud.
Le nom lui-même raconte le paysage d'avant. Selon une étymologie rapportée dès le XVIIe siècle par l'historien dauphinois Nicolas Chorier, « Paladru » viendrait de Pelas Druon, « près des chênes » — les grandes chênaies qui couvraient alors les rives et dont les descendants ombragent encore les chemins du tour du lac.
Un lac qui a gardé la mémoire de deux villages engloutis
Ce qui fait la réputation scientifique de Paladru tient à un hasard heureux : le niveau du lac a monté à plusieurs reprises, noyant d'un coup des habitations construites trop près de l'eau. Privés d'oxygène, le bois, les tissus, les objets du quotidien s'y sont conservés comme nulle part ailleurs. Deux occupations majeures ont été fouillées sous l'eau à partir des années 1970 : un village néolithique, dit des Baigneurs, à Charavines, et le site médiéval de Colletière.
Colletière a livré le portrait d'une communauté de l'an mil que les archéologues ont surnommée les « chevaliers-paysans » : des familles qui cultivaient, élevaient, pêchaient, mais possédaient aussi des armes, des chevaux, des jeux, des instruments de musique et des objets d'écriture. Une image très éloignée du cliché du paysan médiéval misérable, et l'une des raisons pour lesquelles Paladru figure dans les manuels d'histoire.
Ces collections sont aujourd'hui visibles au Musée archéologique du lac de Paladru (MALP), ouvert à Charavines en 2022, à quelques centaines de mètres de la rive. Les sites eux-mêmes restent sous l'eau et protégés : on ne plonge pas dessus, on les découvre au musée.
Se baigner, pédaler, marcher : le lac mode d'emploi
La baignade se pratique sur les plages aménagées, surveillées en pleine saison, principalement côté Charavines et Le Pin. L'eau, peu profonde sur les bords, se réchauffe vite : c'est l'un des plans d'eau les plus agréables du secteur en juillet-août, et l'un des rares à rester accessible en une trentaine de minutes depuis Voiron comme depuis la sortie d'autoroute.
Le grand classique reste le tour du lac : un itinéraire d'une vingtaine de kilomètres qui alterne routes tranquilles, chemins et passages en surplomb, faisable à vélo en une demi-journée ou en marche sur la journée. Les points de vue les plus photogéniques se trouvent sur la rive est, en fin d'après-midi, quand la lumière rase le plan d'eau.
Sur l'eau, la voile, le paddle et l'aviron dominent ; les bateaux à moteur sont très encadrés par le règlement de la Société du lac. La pêche est réputée — brochets, perches, corégones — et se pratique sous conditions, carte et règlement local obligatoires.
Autour du lac : ce qui vaut le détour
Le secteur des Terres froides s'explore facilement en rayonnant depuis les rives : les villages de Charavines et Bilieu pour les terrasses face à l'eau, le plateau agricole du Pin pour les chemins creux, et plus au sud la vallée vers Voiron, avec ses commerces et sa gare. Voiron reste la ville-relais naturelle pour un week-end : dix minutes de voiture, des trains directs vers Grenoble et Lyon.
Les amateurs de patrimoine prolongent volontiers par le massif de la Chartreuse, tout proche, tandis que les familles enchaînent souvent musée le matin et plage l'après-midi — c'est la combinaison la plus courante des visiteurs à la journée.
Sources : Wikipédia — Lac de Paladru

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